Témoignage du Québec – Alexandre

 

Échange CREPUQ (UQTR)

« Tout d’abord je commencerais par dire que 8 mois avant de partir, je n’imaginais même pas partir étudier à l’étranger et encore moins quitter l’Europe pour l’Amérique du nord. Comme quoi tout peut aller très vite. J’avais cependant assisté à des colloques en décembre mais juste par curiosité, pour me faire une idée des destinations proposées mais sans envisager de partir. Ensuite, quelques semaines plus tard, une des personnes avec qui je suis parti à Trois-Rivières, m’a parlé de cette opportunité qui nous était offerte de partir au Canada et m’a incité à poser ma candidature. Cette destination me faisait rêver mais avec, tout de même, quelques réticences au sujet du budget qu’il fallait prévoir. Je fis part à la personne responsable à l’IAE et celle du service des Relations Internationales de mes interrogations et fut rapidement rassuré. En effet, la région Centre proposait un bon nombre d’aides dont j’ai pu bénéficier. J’ai donc posé ma candidature, à tout hasard, et je fus convié à un entretien où se trouvait une personne représentante de l’UQTR (université du Québec à Trois-Rivières) : premier contact avec l’accent !

Ensuite, quelques semaines plus tard, le verdict de l’entretien arriva. Il fut donc positif pour ma part et c’est alors qu’il fallut commencer à se préoccuper de toute la partie administrative. Ce n’est pas que c’est difficile mais c’est très long. Les documents principaux, nécessaires, sont le passeport, le CAQ (certificat d’acceptation du Québec) et le permis d’étude pour le Canada. En effet, pour rentrer dans la province du Québec, il faut d’abord être accepté au Québec et ensuite l’être au Canada.

Une fois tous ces documents en main, il ne restait plus qu’à partir. Il est conseillé d’acheter son billet d’avion environ quatre mois à l’avance. La date de notre départ, à tous les quatre, était fixée au 26 août. J’aurais pu survoler cette étape, sans mauvais jeu de mots, mais les péripéties auxquelles nous avons dû faire face mérite d’être partagées. Tout d’abord, un léger retard au décollage qu’il fallait bien combler. La seule solution : mettre les gaz une fois dans les airs. Jusque-là tout va bien. Mais la rude étape de l’atterrissage arriva. Apparemment c’est l’étape où on est le plus secoué. Je ne sais pas moi, c’est la première fois que je prends l’avion ! Bon c’est vrai qu’on arrivait un peu vite sur la piste, c’est vrai aussi que le pilote pour compenser a freiné assez violemment, nous décollant de notre siège. Mais il n’y pouvait rien lui s’il y avait un problème hydraulique dans le train d’atterrissage et s’il un pneu avait décidé d’éclater. Faut dire que ce pauvre pneu traînait sur la piste depuis près de cent mètres. Bilan de cette aventure : une odeur de brûlé, des pompiers partout, des hôtesses toujours très souriantes et deux heures d’attentes dans l’avion qui avait fini sa course dans la pelouse de l’aéroport. Ensuite nous fûmes conduits à l’intérieur de l’aéroport en bus, parce qu’à vrai dire, on était loin de là où on nous attendait. Nous avons donc commencé notre séjour en faisant les gros titres du journal télévisé.

Ensuite, une personne de l’UQTR vint nous chercher à l’aéroport pour nous conduire à nos logements. Le seul souci, et pas des moindres, était que nos bagages étaient restés à l’aéroport. Nous ne les avons récupérés que 48h plus tard. L’aventure ne partait pas sur de bonnes bases. Nous avons bien sûr fait part de nos sentiments à la compagnie aérienne concernée.

Après tous ces déboires, l’aventure commençait. Bizarrement, les quinze premiers jours, les températures étaient plus élevées qu’en France ; nous allions rapidement déchanter. Cependant il s’agissait d’une chaleur très humide et donc très spéciale. Les moustiques adorent ces conditions. C’est un vrai fléau ici. Concernant la population, nous fûmes tous très agréablement surpris de la gentillesse et de la courtoisie des québécois. Il est courant de parler pendant près d’une heure, de tout et de rien, avec une personne que l’on ne connaissait pas une minute plus tôt. Ils distinguent aisément que nous sommes français et engagent facilement la conversation. Mon sentiment, à mi-chemin dans mon périple, sur la population québécoise est qu’ils sont très accueillants, chaleureux et très sympathiques. 

Ensuite, la première immersion dans un cours à l’université fut très surprenante. En effet, la relation avec le professeur est très différente. Je dirais qu’il est plus accessible. Il est courant ici d’aller boire un verre avec son professeur, devant un match de hockey. Les élèves tutoient le professeur et lui aussi le fait. Les élèves quittent le cours à n’importe quel moment. La scolarisation est très onéreuse ici et beaucoup de professionnels participent à ces cours.  L’accent aussi est très particulier. Il nous force à vraiment être très attentif. Plus que l’accent, ce sont les expressions qui demandent le plus de travail dans la compréhension. Pour ma part, étant donné que je fais partie de l’équipe universitaire de football, je suis allé faire des matchs amicaux aux États-Unis et, par la même occasion je me suis retrouvé qu’avec des québécois et québécoises pendant quatre jours alors que ça ne faisait que trois jours que j’étais arrivé. Je fus bien obligé de faire un effort de compréhension et d’apprendre. Ce fut donc extrêmement bénéfique pour moi. 

Les paysages sont magnifiques. Les semaines de relâches et les week-ends nous ont permis de voyager un petit peu. Les lacs, les fjords, les forêts…tout est exagérément beau. Nous avons pu faire des randonnées, visiter des grandes villes telles que Montréal, Québec et nous ne sommes jamais déçus.

L’arrivée de la neige fut également très impressionnante. Contrairement à la France et en particulier ma région, la neige tient très longtemps et tombe en très grande quantité. Au moment où j’écris il y a près d’un mètre de neige dehors et une tempête est prévue pour demain. D’ailleurs, autre différence par rapport à la France, la météo est très fiable ici. Les températures avoisinent les -20°C et descendront jusqu’à -40°C en février. 

Nous avons également profité de notre séjour au Canada pour fêter le premier de l’an à New York. Cette ville est tout à fait comme on l’imagine. C’est-à-dire spectaculaire, illuminée, gigantesque. Tout y est démesuré. En plus, durant cette période, la ville est bondée et notamment la 5ème avenue et Broadway. Beaucoup l’ont fait à Times square, personnellement j’ai fêté le premier de l’an à Harlem, quartier qui est beaucoup mieux famé que l’on pourrait le penser. 

La douane américaine est un lieu mémorable également. Il n’est vraiment pas facile d’entrer aux États-Unis ! Les douaniers sont peu souriants et très déstabilisants. La première fois, on ne rigole pas mais ensuite, cet excès de sécurité est plus ridicule et folklorique qu’autre chose. Et c’est pour cela que je suis ici ! Pour vivre ces expériences. Je pars du principe que je ne crois que ce que je vois et là je vois des choses que je n’oublierais certainement jamais.  

Mon bilan, à mi-parcours, est très positif. Je trouve ici ce que j’étais venu chercher. C’est-à-dire appréhender une nouvelle culture, acquérir une expérience à l’internationale qui vaille la peine d’être vécue. En plus d’un pays aux coutumes et traditions très différentes, j’ai rencontré des gens attachant et très intéressant, fiers de leur pays et fiers de leur langue. Les Canadiens vivent pour le hockey bien plus que nous pour le football. On fait vite abstraction du froid pour découvrir un tel pays, à l’histoire plutôt courte mais non moins intéressante. Je dirais même que mes attentes ont été dépassées du fait qu’une université telle que celle qui nous accueille compte des étudiants provenant du monde entier et par conséquent j’ai pu également aborder d’autres cultures et notamment la culture africaine. En bref, ce pays attire beaucoup et c’est rationnel à la vue de ces richesses. A savoir que pour beaucoup de personne ici, la France est une destination de rêve. Je dirais, avec mon expérience de quatre mois que la culture canadienne est à mi-chemin entre la culture européenne et la culture nord-américaine. La façon dont vivent les québécois est très typique. Leur approche de l’économie d’énergie, notamment est quasiment nulle. En effet, la population ne paie pas l’eau et l’électricité est très peu chère donc leur incitation est relativement faible. Nous pouvons donc observer couramment des bâtiments vides éclairés toute la nuit.

J’oublie certainement de relater des choses très intéressantes mais il y a tellement à dire et en seulement quatre mois… finalement je ne regrette vraiment pas d’être parti et je remercie l’IAE de Tours de permettre de réaliser cela. »

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