Témoignage de Norvège – Tom

Peux-tu te présenter rapidement ?

Je m’appelle Tom, actuellement âgé de 21 ans. Après l’obtention d’un baccalauréat Scientifique, j’ai réalisé un DUT GEA à l’IUT de Tours. Le goût pour le management et le commerce m’est venu relativement tard, j’ai pendant longtemps songé à m’orienter en école d’ingénieur ou d’architecture.

Peux-tu présenter rapidement ton université d’accueil ?

J’étudie à Ostfold University College, l’Université d’Halden, une ville de taille moyenne dans le Sud de la Norvège (+/- 1h45 au Sud d’Oslo). Il s’agit d’une Université principalement réputée pour son département IT (technologies, informatique…) bien qu’elle propose de nombreux programmes universitaires. L’accueil y est très plaisant, les locaux sont superbes et fonctionnels tout en étant à notre entière disposition. Je recommande d’ailleurs fortement de consulter leur site web ainsi que les vidéos réalisées par Florian Roques l’année dernière pour avoir une idée assez précise de ce que le campus a à proposer.

Qu’est-ce que tu y étudies ?

Au premier semestre j’ai suivi le programme de Commerce International, à travers trois modules principaux : marketing international, communication d’entreprise et l’étude des marchés financiers. Au second semestre je compte suivre le programme de Marketing & Communication Interculturelle car les trois modules proposés correspondent mieux à mon projet d’étude, à savoir potentiellement un Master 2 en négociations internationales ou en consulting managerial.

L’avantage du programme à la carte proposé par Erasmus+ est justement de pouvoir vous concocter un programme qui vous correspond. Cela change d’un programme parfois trop général, qui reflète difficilement ce qui nous intéresse spécifiquement. Le défaut, si jamais s’en est un, est que nous avons moins de matières. Cela signifie également que nous disposons de plus de temps pour étudier ces cours en particulier, mais l’enseignement sera obligatoirement moins large qu’avec un programme Français complet du fait du très grand nombre de matière à suivre en France. C’est une philosophie d’enseignement différente et personnellement cela ne me dérange pas du tout.

Pourquoi avoir choisi d’étudier dans ce pays ? Dans cette université ? (+ avantages et inconvénients)

La Norvège est mondialement réputée pour sa rigueur générale de travail et j’avais toujours eu de très bons échos concernant leur modèle éducatif. De plus, j’étais attiré par les paysages et l’expérience proposée par le climat Nordique. Pour ce qui est de l’Université, je dois bien admettre que ça n’a pas été ma priorité, c’est le pays qui m’y a fait m’y intéresser et les partenariats de l’IAE de Tours avec la Norvège. Mais lorsque j’ai vu les locaux et la dynamique globale de l’Université l’idée d’y aller m’a tout de suite grandement motivé.

Avais-tu des craintes ou des idées reçues concernant les études à l’étranger ?

Ma principale crainte était d’être en contact avec un trop grand nombre de Français. Et il faut s’y préparer, il est très rare d’être le seul Français et si c’est une crainte d’être entouré d’étrangers pour certains, pour moi c’était une attente. Au final, il est vrai que j’ai un contact important au quotidien avec des Français, mais vous pouvez être sûr que vous serez entouré d’étudiants étrangers. A mon avis, la pire erreur que l’on puisse faire au cours de ce genre d’expérience est de s’enfermer. L’ouverture, c’est la clé, aussi bien envers les personnes qui nous entourent qu’au niveau des activités que nous pouvons faire avec elles.

Bien sûr, Erasmus résonne aussi bien souvent comme vacances et c’est une des raisons qui a fait que je n’ai pas envisagé d’aller dans les pays du Sud. Avec du recul, je dirai qu’en Espagne comme en Norvège vous aurez ce sentiment d’être en vacances. Et ce tout simplement parce que vous vivez au quotidien avec des étudiants qui partagent la même envie de découvrir le monde que vous. Tout ce ressenti au quotidien vient complètement casser l’aspect plus rébarbatif des études que l’on a tous ressenti un moment ou un autre bien que nos études nous plaisent. C’est donc une très bonne chose.

Quel était ton niveau de langue avant de partir ?

Il y a une première session de tests proposés par l’OLS que nous devons faire avant de partir, mon niveau était alors B1. Bien sûr ce n’est pas un test de quelques minutes qui sera représentatif de votre niveau mais cela peut vous donner une idée. Je pouvais déjà suivre un cours en anglais sans difficultés, bien que cela requière une plus grande concentration, et tenir une conversation correctement sans pour autant être « fluent ».

Et maintenant ?

Dès les premières semaines on sent de réels progrès et à tous points de vue. Si vous avez fait la démarche de parler à un maximum de personnes et toujours en anglais de manière régulière, la progression est assurée. Le plus difficile dans mon cas sera de gommer mon accent Français !

Comment s’est déroulée l’intégration à l’université ?

L’intégration à l’Université se fait via une « buddy week », qui correspond à un peu plus d’une semaine remplie d’activité en tous genres afin de faire connaissance. L’intégration avec les autres Erasmus se fait naturellement puisque des soirées officieuses ayant pour but d’avoir un premier contact sont organisées dès notre arrivée. Ensuite des activités sportives et culturelles officielles seront là pour vous assurer d’être accueillie au mieux !

As-tu rencontré des difficultés pour tisser des liens sur place ? Qu’as-tu pensé de ta ville d’accueil ?

Aucun, pour ne pas tisser de liens avec les autres étudiants internationaux ou les étudiants Norvégiens il faut se mettre soi-même à l’écart. En effet, avec les semaines d’intégration, les soirées et activités sportives régulières et le fait que nous habitons tous plus ou moins ensemble il est très facile de nouer des liens forts.

Halden est une ville de taille moyenne en Norvège d’un peu plus de 30 000 habitants. Il s’agit d’une ville en bord de mer, ou plutôt de fjord finalement, qui est plein de charme. Cependant, le rythme de vie n’est pas comparable à celui d’une ville Française de taille moyenne. La vie y est beaucoup plus tranquille et les rues bien plus vides. Halden est appréciable, mais il est toujours plaisant de profiter des voyages au cours de l’année pour retrouver un peu d’effervescence et de vie dans les rues.

Comment définirais-tu les gens de ta ville d’accueil ?

Les étudiants Norvégiens ont été accueillants malgré le fait que nous les voyons tout de même beaucoup moins que les Erasmus. La plupart des Norvégiens vivent dans les appartements seuls ou à 16 tandis que les Erasmus sont quasi tous dans des appartements à 8. Pour ce qui est d’Halden, notre ville d’accueil, je n’ai pas eu assez de contact avec ses habitants pour émettre une opinion générale avec la façon d’être des Norvégiens, mais les codes concernant l’attitude à avoir en société sont bien entendu légèrement différents des nôtres.

Sur place, où es-tu logée ? Quel est ton budget pour l’hébergement ?

Je loge à la résidence étudiante nommée Remmen, qui se trouve à quelques dizaines de mètres d’Ostfold University College (attention à choisir le bon campus d’ailleurs). Les bâtiments ont moins de deux ans, ce qui rend cette résidence très moderne extrêmement agréable à vivre. Et cela est important car nous sommes amenés à y passer beaucoup de temps puisqu’il s’agit finalement de notre principal lieu de rencontre au quotidien.

Je réside dans un appartement à 8, avec 6 Norvégiens et une Allemande. Le principal conseil que je pourrai donner par rapport au logement serait de choisir d’aller dans des appartements à 8 et non seul et de ne pas se mettre en collocation avec plus d’une personne que vous connaissez. Si notre année se déroule aussi bien c’est parce que tous les Erasmus ont choisi de vivre à 8 ou à 16 et qu’aucun n’a fait l’erreur de se mettre à l’écart avec des étudiants qu’il connaissait déjà. Le mélange, le dynamisme et le partage c’est l’essence même d’une année Erasmus réussie.

Concernant le loyer, pour le montant en euros tout dépend du taux de change mais comptez 4050 NOK pour les appartements à 8 qui sont très bien équipés et très agréables à vivre. Vous pouvez également acheter une couette, un oreiller et des draps pour 400 NOK en début d’année (environ 45€). Une laverie avec sèches linges ainsi que tout l’équipement de cuisine et électroménagers sont compris dedans. Compte tenu de ce que nous avons à notre disposition, les prix sont tout à fait abordables étant donné que nous sommes dans l’un des pays les plus chers d’Europe.

As-tu bénéficié d’aides financières ?

J’ai bénéficié de la bourse Erasmus ainsi que d’une aide supplémentaire de la part de la Région Centre qui varie d’une année à l’autre. Ces aides sont distribuées en deux parties, 70% à l’arrivée et 30% à la fin du séjour. Avec ces deux bourses je dispose de 4000€ pour les 10 mois passés sur place. Si vous disposez de la bourse AMI (aide à la mobilité internationale) ou du Crous cela augmentera en conséquence.

Ces aides sont évidemment très bénéfiques, mais concernant la Norvège cela ne couvrira pas les frais uniquement liés au logement et les opportunités pour trouver un travail à Halden sont très réduites.

Quel est ton budget pour l’alimentation ?

Difficile à établir, avec la Norvège c’est le point qui fâche ! Nous avons la chance d’être à proximité de la Suède, une vingtaine de minutes en voiture ou en bus (qui se trouve tout près de l’Université) pour se rendre à un grand centre commercial Suédois où les prix sont bien plus intéressants. Comptez tout de même un peu moins de 300€ par mois si vous êtes un gros mangeur.

Peux-tu nous décrire une « journée type ? »

Le rythme de vie n’a pas grand-chose à voir là-bas. Le premier point est la luminosité, lorsque l’on arrive en août on se dit que ça ne doit pas être si marquant car les journées sont plus longues qu’en France pendant cette période. Puis vient l’hiver et la nuit noire à 16h, c’est une réalité. De mon côté cela ne me dérange pas, mais je dois bien admettre que cela peut parfois un peu peser sur le moral c’est inévitable. Les journées de cours sont également différentes car nous avons beaucoup moins d’heures de cours au quotidien ce qui libère une quantité de temps libre assez impressionnante lorsqu’on a été habitué au rythme de cours Français et ses journées à parfois plus de 8h en classe. Il faut donc savoir organiser son temps libre sans se baser uniquement sur un rythme imposé par l’Université.

Une journée type là-bas commence plus tard qu’en France et se finit également plus tard, leur rythme quotidien est décalé par rapport au notre au sein des Universités. Les cours ont principalement lieu le matin ce qui laisse l’après-midi pour étudier et pratiquer différentes activités. Il y a une salle de sport à disposition et plusieurs activités sportives. Nous ne sommes jamais seul, c’est un partage continue et ce du début jusqu’à la fin, ce qui est réellement plaisant.

Quelles ont été tes difficultés ?

Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières. Le principal problème réside certainement dans l’accompagnement assez léger du côté Français concernant notre départ. Certaines personnes sont très investies pour nous et nous pouvons être reconnaissant, mais attendez-vous à effectuer votre départ seul. D’un autre côté c’est plutôt normal, il­ s’agit finalement d’une première sélection pour que seuls les étudiants réellement motivés aient l’opportunité de partir, sans qu’ils aient été portés par l’administration.

Enfin, pour tous ceux qui hésitent à partir un an, que peux-tu leur dire ?

Ne perdez pas de vu qu’il s’agit d’un changement important pour votre vie, ce genre d’expérience fait évoluer différemment d’un cursus classique dans notre pays natal, c’est évident. Mais cela reste une expérience vraiment incroyable, si le fait d’étudier à l’étranger est quelque chose qui vous motive, foncez !

As-tu des conseils à donner pour les étudiants qui souhaitent partir ?

Cela mériterait une section dédiée car avant de partir j’avais de très nombreuses questions et j’ai de mon côté dû contacter un grand nombre de fois les étudiants qui étaient à ma place à cette époque. Je pense qu’il y a un réel déficit au niveau du chemin à suivre pour partir à l’étranger et de tout ce que cela implique malgré les quelques réunions d’informations. Alors principal conseil : soyez motivés et surtout pas passif par rapport à votre départ !

Soyez réactifs et organisés pour les inscriptions, surtout concernant les papiers à remplir qui ne sont pas toujours compréhensibles au premier abord, je pense notamment au contrat d’études, avec bien entendu des échéances à respecter. Le mieux est certainement de contacter les étudiants déjà sur place, il y a une forte entraide entre les étudiants Erasmus.

Que t’as apporté cette année ?

Je n’ai pour l’instant fait qu’un seul semestre, mais je peux d’ores et déjà dire que je n’ai absolument aucun regret d’être parti en Norvège. C’est une expérience vraiment formidable, tant au niveau des rencontres que l’on y fait, des progrès en Anglais que des expériences que nous sommes amenés à vivre sur place. Nous avons également l’opportunité de voyager, pour l’instant nous sommes allé en Lettonie, Lituanie, Danemark et à plusieurs endroits magnifiques en Norvège. Nous avons déjà organisé un voyage dans le grand Nord fin janvier afin d’aller chasser les Aurores Boréales en chien de traineau, cela annonce un voyage marquant à vie !

Au niveau des apports, on en revient à l’ouverture d’esprit, l’apprentissage de l’Anglais, aux rencontres et à des moments qui nous marque et nous façonnent pour notre vie future.

Partagez !